Fixer ses tarifs quand on accompagne : sortir de la sous-facturation
Tu sais faire ton métier, mais ta voix descend quand tu annonces ton tarif. La sous-facturation n'est pas un problème de chiffres, c'est un problème de place. Méthode pour construire un tarif qui tient.
Tu accompagnes des gens depuis des années. Tu sais faire ton métier. Et pourtant, au moment d'annoncer ton tarif, ta voix descend, ton regard fuit, tu ajoutes un "mais on peut voir ensemble" qui efface tout. Ce n'est pas une question de courage. C'est une question de structure intérieure.
Pourquoi tu sous-factures, vraiment
La sous-facturation n'est pas un problème de chiffres. C'est un problème de place. Tant que tu confonds ton prix et ta valeur en tant que personne, tu ne pourras pas annoncer un tarif clair sans culpabiliser.
Trois croyances reviennent presque toujours chez les praticiens que j'accompagne.
"Si je demande trop, je vais perdre des clients." En réalité, ce sont les tarifs trop bas qui attirent des clients fragiles, qui négocient, qui annulent, qui ne reviennent pas.
"Mes clients n'ont pas les moyens." Tu projettes ta propre histoire avec l'argent sur la leur. Tu décides à leur place qu'ils ne peuvent pas. Ce n'est ni respectueux, ni vrai.
"Je ne vaux pas ça." Celle-là, personne ne la dit à voix haute. Mais elle est sous tout le reste.
Le vrai coût d'une séance
Ton tarif ne paye pas une heure. Il paye tout ce qui rend cette heure possible.
Ta formation initiale, et celle qui continue chaque année. Ta supervision. Ton loyer ou ton bureau à la maison. Tes assurances. Tes charges sociales. Tes outils. Le temps que tu passes à préparer, à noter, à répondre aux messages entre les séances.
Quand tu fais le calcul honnêtement, une séance facturée soixante euros te rapporte souvent moins de quinze euros nets. Tu ne vis pas de ton travail. Tu te paies un loisir.
Construire un tarif qui tient debout
Pars de ce dont tu as besoin
Combien tu veux gagner chaque mois pour vivre, pas survivre. Ajoute tes charges. Ajoute une marge pour les mois creux, les vacances, les imprévus. Tu obtiens un chiffre annuel.
Divise par le nombre d'heures que tu peux raisonnablement facturer dans l'année, en gardant du temps pour le reste. Tu obtiens le prix minimum d'une séance.
Si ce chiffre te fait peur, c'est qu'il est juste.
Annonce ton tarif sans le négocier
Le tarif se dit en une phrase, calmement, sans ajout. "La séance est à quatre-vingts euros." Point. Tu te tais. Tu laisses la personne réagir.
Si elle dit que c'est cher, tu n'as pas à te justifier. Tu peux simplement répondre "je comprends, c'est un investissement". Et tu laisses le silence faire son travail.
Ne baisse pas pour garder un client
Un client gagné en baissant le prix est un client perdu d'avance. Il ne respectera pas ton cadre. Il négociera autre chose plus tard. Il partira au premier prétexte.
Si quelqu'un n'a vraiment pas les moyens, oriente-le ailleurs avec bienveillance. Un centre médico-psychologique, une consultation à tarif réduit, une association. C'est plus juste pour lui, et plus juste pour toi.
Ce que tu peux faire demain matin
Ouvre ton agenda. Compte combien d'heures tu as facturées le mois dernier. Divise ton revenu net par ce nombre. Tu as ton taux horaire réel.
Compare-le au tarif d'un plombier, d'un avocat, d'un comptable. Des gens qui rendent service, comme toi, mais qui se sont autorisés à se faire payer.
Le chiffre que tu vois, c'est la mesure du chemin qu'il te reste à faire. Pas avec tes clients. Avec toi.